Archéologie des textures

Au fur et à mesure de l’avancement de travaux, nous grattons, piquons et découvrons la véritable identité de la maison. Dans l’idée de retrouver l’âme de la bâtisse, nous nous sommes lancés dans la mise à nu des briques constituant certains murs intérieurs qui jusqu’à lors étaient enduits.

A travers ce travail méticuleux, nous avons révélé des appareillages très différents selon les époques. Les premiers murs sont en briques et galets, un rang de chaque superposé à l’autre, assemblés à la terre. Les suivants sont entièrement en briques assemblés au mortier de chaux et de ce qui semble être du charbon. Finalement, les plus récents sont constitués de briques, galets et pierres avec un assemblage plus rudimentaire. C’est une nouvelle échelle de la matière qui apparait et se met en résonance avec celle déjà présente dans le jardin et les éléments de façade.

Dans un premier temps nous allons les rejointer proprement afin de les remettre en état. Puis quand nous aurons fait les peintures des murs lisses, nous déciderons si nous appliquons un badigeon à la chaux blanche pour certains de ces murs. La qualité des briques varie énormément et il nous semble important de voir comment les matières et les couleurs réagissent entre elles avec la lumière naturelle.

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Sebarch

 

Les vacances de Sebarch

Vous l’aurez compris, nous ne partirons pas en vacances. Nous allons consacrer toutes nos vacances aux travaux de la maison. Malgré un peu de retard sur mon planning ultra optimiste (et oui, nous avons du retard malgré ce sprint de feu) , nous avançons sur des taches difficiles et ouvrageuses pour tenter un déménagement à l’automne. Pour bien commencer ces congés/chantier, nous amis globetrotteurs, alias Pierre et Vir, nous ont rejoints pour nous prêter main forte pendant quelques jours. Avancement de la semaine:

– lasure des fenêtres

– piquage/brossage des murs en briques apparentes

– nettoyage en profondeur du jardin

– terrassement de la terrasse

– drains périphériques

– tranchée + fourreau telecom

Et surtout, n’oublions pas la réalisation de véritables toilettes sèches (cabane, fosse et tout et tout) afin de préserver le champs du voisin mais je vous en reparle plus en détails rapidement… Voici un aperçu de cet avancement.

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Évolution des idées

Plus les travaux avancent, plus les idées se cristallisent, plus le projet est mis à l’épreuve et sa validité remise en cause. En effet lorsque le dessin se matérialise par la construction, les idées se figent et toutes les hypothèses que l’on a écarté et qui restent malgré tout dans notre esprit ressurgissent et me mettent le doute. Que ce soit dans l’aménagement d’un espace, dans le choix d’une matière, dans la composition d’un ouvrage particulier.

En commençant ce chantier, je n’imaginais pas que mon rapport à ce projet passerait de professionnel à émotionnel. Construire pour soi, c’est solliciter notre émotion et chercher au plus profond de nous même ce que l’on aime le plus, ce qui nous parait non pas le plus logique, mais le plus en accord avec notre sensibilité.

Jusque là dans mon métier, je n’ai fait qu’imaginer des lieux pour les autres. Un jeu subtil où l’on se met à la fois dans la peau de celui qui habiterait les lieux futurs et à la place d’un demi-dieu qui décide de la position des espaces et de la matière selon des critères logiques, selon une construction des idées enrichie de repères solides et fondés.

Mais là, je n’ai pas envie de fonctionner comme ça. Je ne suis pas enchanté de prendre des décisions dans la transformation d’un lieu si important pour moi selon un schéma connu et désincarné. Je n’ai pas de dieu, mais j’ai une profonde croyance dans le pouvoir d’un lieu et de son impact sur l’homme. J’ai la chance d’avoir la totale autonomie sur ce projet et je souhaite la saisir entièrement.

Alors certaines décisions sont étranges, illogiques, non retables, paradoxales, mais mon intuition me guide et me pousse à me surpasser dans ma peur pour obtenir des résultats étonnants et qui jusque là m’ont plutôt souri.

Le risque? Se planter dans un de ces choix, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle si au final je me sens bien chez moi? N’est-ce pas le but de tout ça?

La limite? Les sous, toujours les sous… Cette transformation est faite de peu de choses, avec une marge de manœuvre quasi nulle. Les arbitrages doivent être mesurés, les erreurs doivent donc être assumées, elle intègreront la collection d’anecdotes qui font l’histoire d’un chantier, d’une maison.

Voici quelques croquis de modifications réalisées en cours de chantier.

croquis001Suppression du plafond dans la salle de bain de l’étage et dégagement du volume.

croquis002Remplacement des cloisons de la chambre du croq par des vitrages pour garder la perception de profondeur.

croquis003Orientation de la cuisine vers le séjour, suppression du mur porteur (gros frais) et création de la porte d’entrée côté Nord (ouverture dans mur porteur faite maison).

 

Sebarch

Bobo ou baba?

  
Il parait qu’une maison est révelatrice de la personalité de ceux qui la possèdent. Et je me suis laissé surprendre par l’image que renvoit le blog de nous même. En effet, après avoir croisé des conaissances qui ont surfé sur mes articles et me parlent de notre aventure avec une image parfois juste et parfois biaisée, je ne cesse de me demander quel type de gars et quel type de famille nous sommes.

Venant d’un pays où les stéréotypes sont radicalement différents, je réalise que j’ai changé et que je suis rentré dans un ou plusieurs stéréotypes français malgré moi. Alors bobo ou baba?:

Rataper un vielle maison qui a du cachet: bobo

Faire de l’autoconstruction pour le plaisir de l’experience: bobo

Faire de l’autoconstruction parce qu’on a vraiment pas une thune pour le faire faire: baba ou juste un mec normal

Camper sur le chantier et se doucher a poil dans le jardin: carrément baba

Faire de son jardin un salon d’été orientalo mexicain: bobo et baba

Faire des toilettes sèches pour passer l’été sans raccordement tout-à-l’egout: baba

Dormir dans une caravane quatre jours sur sept: baba

Imaginer pleins de verrière dans la maison so tendance: carrément bobo

Faire un max de trucs (equipements de salle de bain et cuisine, terrasse, meubles, etc) avec de la récup: baba

Se payer quelques meubles à des prix déraisonables mais franchement design: bobo

Acheter les 95% restant chez Emmaus: baba

Faire un blog sur cette aventure: bobo

Avoir une grosse barbe en 2005: baba

Avoir une grosse barbe en 2015: bobo voir carrément hypster

Avoir une grosse barbe au Venezuela: mendiant

Conclusion (?):bobo ou baba, je dirais plutôt bibi.

Avancement des travaux

Il y a eu a nouveau un petit creux sur le blog, c’est normal, les semaines ont été bien chargées. Depuis l’épisode dallage, nous avons bien avancé. Le maçon-charpentier-couvreur est parti et maintenant c’est le tour du plaquiste, du menuisier extérieur, de l’électricien et du plombier de rentrer en jeu. Pour ma part, je continu de faire des ouvrages en off pour préparer leurs passages.

Nous avons donc fait:

– le plancher de l’étage (nous-même)

– le rebouchage maçonné des trous dans les murs pour permettre la pose du doublage (nous-même)

– le doublage + isolation de l’ensemble du plafond (entreprise)

– la passage des gaines elec et plomberie dans le doublage (entreprise)

– repris les tableaux des nouvelles ouvertures (nous-même)

– réalisé les seuils des portes en brique (nous-même)

– réalisé les allèges en brique pour les grandes baies vitrées (nous-même)

– prolongé le conduit de cheminée pour permettre la pose du poêle (nous-même)

– nettoyé le jardin des ronces qui repoussent (nous-même)

Plus les choses se précisent, plus on adapte notre projet. Il faut dire que la maison est toute de travers et même avec des plans, il est difficile d’anticiper toutes les queux de billard et autres surprises. D’autre part, tout va tellement vite que le temps manque pour le dessin et la plupart des décisions se prennent sur place avec le artisans. Mais cela fait parti du jeu. Également, avec la découverte des nouveaux espaces, notamment en créant le plancher de l’étage, nous avons supprimé des cloisons pour les remplacer par des parois vitrées dans le but de préserver les effets de profondeur et d’espace. Ainsi, la chambre de Marlo aura un baie vitrée fixe en belvédère sur l’escalier et une baie vitrée en triangle sur la chambre de Selmar.

Malheureusement, nous ne pouvons pas améliorer certains aspects sur un point de vue environnemental, comme la qualité des isolants qui seront en laine de verre, faute de budget. Cependant, nous avons réussi à préserver certains points qui améliorent le bilan de la maison: chauffage bois pour 2/3 de la maison, isolation très performante (30 cm d’isolant en plafond, 15 cm sur les murs périphériques et isolant sous-dallage), beaucoup de matériaux de récup (briques, briques, briques, pare-feuilles, tuiles, bois de charpente, pierre de taille, briques)… Il faut dire qu’avec un budget de 730 euros/m2 travaux pour transformer une grange en maison, c’est de l’ordre du miracle.

Voici un aperçu de notre état d’avancement.

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Et sinon nous avons adopté un petit lapin qui traine dans le parages depuis des semaines!

 

Sebarch