Évolution des idées

Plus les travaux avancent, plus les idées se cristallisent, plus le projet est mis à l’épreuve et sa validité remise en cause. En effet lorsque le dessin se matérialise par la construction, les idées se figent et toutes les hypothèses que l’on a écarté et qui restent malgré tout dans notre esprit ressurgissent et me mettent le doute. Que ce soit dans l’aménagement d’un espace, dans le choix d’une matière, dans la composition d’un ouvrage particulier.

En commençant ce chantier, je n’imaginais pas que mon rapport à ce projet passerait de professionnel à émotionnel. Construire pour soi, c’est solliciter notre émotion et chercher au plus profond de nous même ce que l’on aime le plus, ce qui nous parait non pas le plus logique, mais le plus en accord avec notre sensibilité.

Jusque là dans mon métier, je n’ai fait qu’imaginer des lieux pour les autres. Un jeu subtil où l’on se met à la fois dans la peau de celui qui habiterait les lieux futurs et à la place d’un demi-dieu qui décide de la position des espaces et de la matière selon des critères logiques, selon une construction des idées enrichie de repères solides et fondés.

Mais là, je n’ai pas envie de fonctionner comme ça. Je ne suis pas enchanté de prendre des décisions dans la transformation d’un lieu si important pour moi selon un schéma connu et désincarné. Je n’ai pas de dieu, mais j’ai une profonde croyance dans le pouvoir d’un lieu et de son impact sur l’homme. J’ai la chance d’avoir la totale autonomie sur ce projet et je souhaite la saisir entièrement.

Alors certaines décisions sont étranges, illogiques, non retables, paradoxales, mais mon intuition me guide et me pousse à me surpasser dans ma peur pour obtenir des résultats étonnants et qui jusque là m’ont plutôt souri.

Le risque? Se planter dans un de ces choix, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle si au final je me sens bien chez moi? N’est-ce pas le but de tout ça?

La limite? Les sous, toujours les sous… Cette transformation est faite de peu de choses, avec une marge de manœuvre quasi nulle. Les arbitrages doivent être mesurés, les erreurs doivent donc être assumées, elle intègreront la collection d’anecdotes qui font l’histoire d’un chantier, d’une maison.

Voici quelques croquis de modifications réalisées en cours de chantier.

croquis001Suppression du plafond dans la salle de bain de l’étage et dégagement du volume.

croquis002Remplacement des cloisons de la chambre du croq par des vitrages pour garder la perception de profondeur.

croquis003Orientation de la cuisine vers le séjour, suppression du mur porteur (gros frais) et création de la porte d’entrée côté Nord (ouverture dans mur porteur faite maison).

 

Sebarch

6 comments to Évolution des idées

  • L’architecte qui tel un dictateur décide où nous allons marcher, où nous allons dormir… et contraindre nos mouvements pour une vie plus harmonieuse?
    Enfin quand il se prend pas la tête pour une histoire de proportions!!!
    🙂

  • Suis ton instinct, tes intuitions, ton cœur. C’est ce qui sonne le plus vrai, le plus juste. Personnellement, je n’ai jamais regretté d’avoir écouté mon intuition. Elle est chez l’homme une forme d’intelligence puissante, irrationnelle, mais tellement constructrice dans nos destins…Alors écoute ton talent, fais-toi confiance et vas-y à fond!!! Les dessins sont déjà super sympas…Bises à toute la Bliss Cocotte Family.

  • Ce texte me parle ! Moi qui adore la déco, j’ai beaucoup beaucoup de mal à prendre des décisions concernant la rénovation de notre maison… Comme si je n’arrivais plus à savoir ce que je préfère ! Le doute m’envahit ! Il faut parfois laisser libre court à son instinct même si cela ne correspond pas aux règles communes… Il ne faut pas avoir de regrets et aller au bout de ses idées !

  • titel

    C’est bien de savoir poser des mots, d’avoir cette réflexion, ce recul et ce questionnement nécessaires! Je constate aussi que notre seule limite c’est les sous, sinon quand on rénove pour soi il ne faut avoir aucune barrière, aucun a priori, aucun modèle à suivre à la lettre… On adapte notre intérieur à notre personnalité et à notre façon de vivre et on suit son instinct.
    Bonne continuation 😉

  • DébyMum

    J’aime ta franchise.

  • Ton texte est très chouette parce qu’il met des mots sur ce qu’on ressent tous, je pense, quand on a notre propre maison, même sans être architecte. On se projette dans une maison fictive quand on est locataire et quand on devient réellement proprio (et qu’il y a beaucoup de travaux) le doute nous envahi à chaque coup de pelle ou de pinceau. Puis la maison parfaite ne doit pas exister, comme pour toutes choses.
    Bon courage pour tout ce taf !

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