Apprentissages de la terre #1

En déménageant ici je savais que beaucoup de choses changeraient, que j’allais devoir apprendre des astuces, techniques et autres savoirs qui me permettraient d’embellir et entretenir cette maison. J’avais toujours appréhendé cet apprentissage sous l’angle du bâtiment, hors cette maison ce compose au delà du bâti d’un grand terrain composé de parties arborées, d’un ancien champs cultivé devenu depuis peu un verger et potager.

Ayant grandi dans les montagnes tropicales de la banlieue de Caracas, disons que le dépaysement est total ici et ce qui s’appliquait là-bas ne s’applique donc pas ici. Comment vous dire, là-bas on ne tond pas la pelouse, on coupe l’herbe (souvent haute) à la machette. On jongle entre saison sèche et saison de pluie avec une température oscillante entre 20 et 30 degrés. Le verger ce compose d’avocatiers, de manguiers, de bananiers, de fruits de la passion, des papayers… Et c’est comme ça pour tout.

Il m’a fallut donc apprendre à passer la tondeuse comme il se doit dans tout pays industrialisé et prendre soin des plantes du jardin comme du potager afin de leur donner des conditions optimales de pousse et d’épanouissement. Quand j’étais petit, il suffisait de regarder les plantes pousser tellement les conditions climatiques leur étaient favorables. Le compost ne marchait pas vu que toutes les graines germaient et que les animaux ( du genre Cuniculus Paca dit »lapa » ou Ortalis Ruficauda dit « guacharaca ») venaient en pagaille manger les restes…

J’ai donc appris a:

Faire les boutures de plantes à l’automne.

Réaliser des semis en hiver pour le potager.

Fabriquer une serre démontable pour les semis à partir d’un vieux châssis de fenêtre.

Réaliser des structures pour les plantes grimpantes.

Protéger les plantes fraichement mises en terre

Tuteurer les pieds de tomates.

Fabriquer du purin d’ortie et de prêle.

 

Voici un mini tuto sur la structure que j’ai fabriqué pour les haricots. Impossible pour moi de ne pas envisager la chose comme une structure du genre exercice de 1ère année d’archi, déformation professionnelle oblige.

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Le potager partagé

En attendant de vous monter en détail la maison pièce par pièce, au fur et à mesure que nous les finissons, voici un petit projet que nous avons mis  en place à la Grande Guinguette. En effet nous avons toujours rêvé avec Blisscocotte d’avoir un espace permettant de recevoir des activités et des projets d’échange divers et cette maison en est l’aboutissement. Après les cours de couture, voila que nous entamons un projet de potager partagé.

Nous avons proposé à nos amis et proches de créer un potager où chacun pourrait faire pousser ses légumes et échanger entre eux leurs savoirs, outils, semis, récoltes, coups de main, etc. Ayant vécu en centre-ville pendant près de quinze ans avec un accès limité et onéreux à des légumes de qualité, nous en sommes venu à la conclusion qu’il fallait créer une alternative simple pour nous et ceux qui rencontraient les mêmes frustrations autour de nous.

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Pour ça nous avons mis à disposition une partie de notre terrain pour créer un ensemble d’espaces pour mettre en place plusieurs idées liées à la culture de fruits et de légumes.

Tout d’abord, nous avons créé un grand potager avec une grande partie commune et des parcelles individuelles au sein desquelles chaque foyer peut s’étaler à sa mesure. Pour le créer nous avons organisé des journées collectives pour mettre en place la partie commune avec les plantes voulues par tous (patates, oignons, ails, échalotes, poireaux, salades, choux, espace fruits rouges) et préparé la terre pour les parcelles individuelles. En complément nous nous sommes regroupés pour installer un collecteur d’eau de pluie collectif et aussi pour fabriquer du purin d’ortie et de prèles. En bonus, nous avons un carré avec des aromates (thym, basilic, persil, ciboulette, romarin, menthe).

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Ensuite, nous avons créé un verger avec des pommiers, des poiriers, un prunier, des cerisiers, un figuier, un coin fruits rouges avec du cassis, des framboisiers, des fraisiers, et baies.

Nous sommes en train de construire un poulailler pour avoir des œufs frais.

Un système de compostage afin que chaque foyer puisse à la fois amener ses déchets organiques de la maison, réduire ses déchets et produire du terreau pour le potager.

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C’est un projet qui démarre, mais je ne manquerai pas de vous faire des arrêts sur image sur nos journées collectives, avec un partage des recettes et autres bons conseils collectés auprès des collègues.

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Pot-pourri émotif

Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas posté que j’ai oublié l’effet que ça fait. Le vide dans ma tête et l’étrange besoin de faire le point, la synthèse à un instant T. Ces trois derniers mois ont été plus qu’intenses, inutiles de vous dire que c’est la raison de mon absence sur les réseaux (sans oublier que nous n’avons toujours pas internet car tout n’est pas complètement fini).

Bref, depuis la dernière fois nous avons:
– réalisé un béton fini au sol sans trop de grande catastrophe + les détails de seuils partout
– vitrifier le plancher de l’étage
– presque fini une cuisine opérationnelle
– sous-couché l’ensemble des murs et peint le plafond
– posé un escalier temporaire en attendant d’avoir du temps et de l’argent pour en faire un plus beau
– fait la plomberie de l’ensemble
– posé une douche et un WC (très très important)
– posé un poêle y compris les conduits
– réalisé un petit chemin d’accès à la maison (important aussi)
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Mais le plus important, nous avons emménagé! Malgré une maison inachevée, il fallait bien quitter notre nid citadin car nous ne sommes pas Rotchshild non plus et qu’il nous était nécessaire d’accélérer encore et encore pour nous retrouver enfin. Fini les WE de trois jours à bosser comme un fou sans voir la famille. Fini les WE ultra-physiques où tu sens que ton corps va lâcher mais qu’il tient bon sans trop savoir comment. Pour celles qui sont passées à la maison à l’occasion des cours de couture de Maëva, elles ont bien bien vu que c’est encore bien le chantier. C’est un peu frustrant mais le plaisir de se sentir enfin chez soit et de pouvoir enfin se poser malgré la tonne de choses restant à faire est incroyable.

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Les architectes sont comme les cordonniers, souvent les plus mal chaussés. Il y a plein de défauts, pleins de loupés, mais j’arrive à voir les belles réussites. Les enfants et Maëva se plaisent dans cette grande maison qui nous surprend chaque jour et à chaque pièce que nous investissons. La lumière rentre de tous les côtés et la maison évolue au fil de la journée. Les espaces qui communiquent entre eux révèlent l’amplitude de sa contenance sans pour autant rendre le lieu austère. Les fenêtres disparates donnent un caractère particulier à chaque pièce, une identité. C’est le résultat de réflexions intenses et d’heureux hasards aussi. Nous sommes en pleine découverte.

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Nous avons la chance d’avoir des amis en or qui nous ont prêté main forte alors que nous pataugions  dans l’effort. Certains ont peints, d’autres ont piqué, gratté, frotté. Le déménagement fut assez épique aussi. Une dizaine de voyage en break, deux en van plein de cartons et deux voyages de 20m2 pour finir, je ne vous dis pas la fatigue. Mais aujourd’hui nous récoltons le fruit de sacrifices et grands efforts.

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Je découvre mon bébé qui a grandi sans trop me voir et retrouve Maëva et le croq qui ont patienté. C’est juste bon de les revoir, le bonheur est devant nous!

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Bientôt je vous montrerai le détail de nos aménagements, c’est promis.

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DIY: les joints

Si comme nous tu as des murs bruts dans ton logis et que tu souhaites refaire les joints proprement, cet article est pour toi!

Ca fait deux WE que nous travaillons dessus et je me suis dit qu’un petit article s’imposait. Surtout que je me suis absenté en mauvais blogueur que je suis (dur la reprise)…

Bref, voici le mode opératoire:

1. Tu pars d’un mur bien préparé, piqué, brossé, avec les joints assez creusés pour recevoir le nouveau joint.

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2. tu prépares tout le matériel nécessaire pour ne pas perdre de temps après. Vu que tu vas y passer quelques heures, prévois toi de la musique pour kiffer l’instant sur la durée.

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3. Prépare ton mélange avec un dosage toujours constant afin de préserver la couleur d’une gâchée sur l’autre.

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4. Arroses ton support afin que le mortier accroche sur le mur. Personnellement j’utilise l’éponge qui est dans le seau d’eau que j’ai toujours à côté de moi.

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5. Applique le mortier sur les joints en partant du haut du mur. Comme ça au fur et à mesure que tu avances, tu ne salis pas ton travail précédent. Le geste c’est de mettre du mortier sur ta taloche que tu plaques contre le mur. Avec la langue de chat (petite truelle exprès pour les joints) tu pousses et écrases ton mortier dans le creux des joints. Pense à mettre ta gâche contre le mur pile en dessous, comme ça tu récupères le mortier qui tombe de temps de ta taloche.

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6. Au bout d’une petite demi-heure, une fois que le mortier a accroché au mur, tu dégarnis ce qu’il y a de trop avec ta langue de chat. Ensuite avec une brosse, tu frottes les joints pour affiner le dégarnissage et rendre homogène la profondeur de tes joints, surtout si ton mur est en brique et galets. Au bout d’une gâchée ou deux, tu passes ton éponge trempée sur les joints entre les briques et les galets pour lisser le mortier et parfaire la finition. Ça permet de reboucher les petits trous et créer une couche plus dure de finition sur le dessus avec l’eau que tu appliques, c’est magique! Tu prends de l’eau propre et tu repasses un coup sur les briques et les galets pour les nettoyer.

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7. Tu prends du recul, t’enlèves tes écouteurs, tu appelles ta femme, tes enfants, tes parents et tes copains pour leur montrer ta prouesse et baigner sous les compliments. Elle est pas belle la vie?

DSC_0227PS: la couleur des joints sur la photo n’est pas la définitive, avec le séchage, elle s’éclaircit drôlement. Les briques peuvent être nettoyées avec de l’acide si elles sont trop tachées et blanchies avec la laitance de chaux et de ciment.

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DIY: La cabane au fond du jardin

Si vous pensiez que cet espace serait dédié uniquement à la couleur et aux espaces, détrompez-vous. Certains sujets moins glamour, néanmoins importants, font partie de notre parcours. En effet, comme j’avais pu l’évoquer auparavant, les charmants sous-traitants du service des eaux ont reporté notre raccordement au tout-à-l’égout de deux mois, ce qui a compromis notre idée de poser des WC provisoires pour tenir l’été sur le chantier. Nous avons passé trois semaines quasi non stop à vivre sur place et travailler sur la maison.

A l’évidence, il a fallu trouver une solution pour avoir un peu de confort et éviter de ruiner le champ de sorgho du voisin. Les toilettes sèches se sont imposées comme la solution la plus simple et efficace, surtout que nous devions accueillir des amis pendant l’été pour camper et nous aider sur le chantier.

Je me suis donné comme contrainte de n’utiliser que des matériaux de récup ou des chutes avec pour objectif de ne pas dépenser un sous sur le projet, surtout que son usage serait provisoire.

Une autre contrainte était de pouvoir réaliser l’ensemble seul, c’est à dire prévoir des découpes et des assemblages simples ainsi que la possibilité de déplacer l’ensemble facilement.

J’ai donc réalisé une structure principale en trois parties, les deux parois latérales puis la paroi du fond, découpées et assemblées au sol pour plus de facilité et de précision. Chacune de ces parois est constituée sous forme de cadre avec une traverse de contreventement.

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L’assemblage de la structure s’est fait au sol en redressant les parois latérales avec pour guide la paroi du fond. J’ai vissé les cadres entre eux puis fixé une traverse haute et basse constituant le cadre de la futur porte d’entrée. J’ai fixé des traverses de contreventement du sol et du plafond, verrouillant ainsi la structure dans l’espace et le rendant indéformable. A ce stade la boite constituant la structure était réalisée.

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Une fois ce mécano réalisé, j’ai creusé une grande fosse puis quatre trous pour fixer les pieds au sol. J’ai dressé la structure et voila, il ne restait plus qu’a habiller l’ensemble.

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Avec l’aide de Pierre, nous avons réalisé les parois extérieures en volige de récup, l’assise et le sol en chutes d’OSB, le toit en volige de récup + chutes de liteaux + tuiles plates laissées par l’ancien proprio.

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Nous avons fait qu’une seule dépense, acheter un abattant chez LIDL à 12 euros pour le confort.

Et voila le travail. Franchement, ce n’est pas le DIY le plus improbable et plus cool que t’ai vu sur la blogo?

Ps: le croq m’a fait remarqué que j’avais oublié de construire la chasse d’eau…

Sebarch